Deux plaques militaires que 75 ans séparent. Le caporal Jonathan, qui sert en tant que combattant dans le bataillon 202 de la Brigade des Parachutistes porte autour de son cou deux plaques, la sienne mais également celle de son grand-père ayant servi dans les Forces Françaises Libres durant la Seconde Guerre Mondiale. À l’occasion de la journée du souvenir aux victimes de l’Holocauste, il nous livre son histoire et celle de son grand-père.

Le caporal Jonathan

Le caporal Jonathan a rejoint les rangs de Tsahal à l’âge de 26 ans. Cela fait plus d’un an qu’il sert en temps que combattant volontaire au sein du bataillon 202 de la Brigade des Parachutistes. “Mon grand-père, Charles Seroussi était originaire de Tunisie. Il a servi en tant que volontaire dans les Forces Françaises Libres pendant la Seconde Guerre Mondiale” raconte-il. Celui qu’il considère comme son modèle depuis son plus jeune âge l’accompagne tous les jours de son service. En effet, en 2008 il reçoit en héritage la plaque de son grand-père et la porte autour de son cou depuis le jour où il a rejoint Tsahal.

La plaque du caporal Jonathan près de celle de son grand-père

“Chaque fois que j’avais un coup dur pendant ma formation de combattant, il me suffisait de regarder cette plaque pour me donner le courage et la motivation de continuer et d’aller de l’avant. Je me rappelle ce que mon grand-père a vécu, il est mon modèle de courage”.  En 1942, Charles Seroussi, combattant volontaire dans les FFL allait passer la frontière allemande avec son unité lorsqu’il s’est souvenu que c’était vendredi soir et donc que c'était shabbat. Il a alors demandé à son commandant de s’arrêter sur le bas-côté de la route et d’aller prier quelques minutes. À sa grande surprise son commandant accepta. Alors qu’il s’était déjà éloigné de la voiture et des autres soldats, les avions allemands ont repéré leur voiture et l’ont bombardée. Charles Seroussi est le seul à avoir survécu et a raconté son histoire à son petit-fils.

“Mon grand-père vivait à 500 mètres de chez nous, on a toujours été très proches. Il était plus que mon grand-père, il était comme mon père” raconte Jonathan. “Il m’a transmis l’amour d’Israël. Il a toujours voulu immigrer en Israël mais il n’en a jamais eu la chance. Je sens au fond de moi que j’ai réalisé son rêve”. Aujourd’hui plus que tous les autres jours, le caporal Jonathan se souvient du courage de son grand-père, de son combat. Par cette double plaque qu’il porte chaque jour autour de son cou, Jonathan porte en lui l’histoire de celui qu’il admire tant.