“Un officier sans ses soldats n’est rien, il a besoin d’eux.” Le lieutenant Zacharie, récemment devenu officier au sein de l’Armée de l’Air sait l’importance du poste qu’il occupe et l’impact qu’il a sur ses soldats. Il  nous livre aujourd'hui son histoire.

Depuis son jeune âge, le lieutenant Zacharie rêve d’intégrer les rangs de Tsahal et d’être combattant. Issu d’une fratrie de triplés, il est venu s’installer en Israël il y a quelques années avec un de ses frères jumeaux. Mais lors des premiers tests d’entrée à l’armée, la désillusion commence : son profil physique est trop bas et on lui annonce qu’il lui sera impossible d’être combattant. En effet, le 23 février 2004, alors qu’il était âgé de seulement sept ans, les médecins lui ont détecté une leucémie. Les traitements ont duré plusieurs années, les rendez-vous à l’hôpital et avec les médecins se sont enchaînés. “Mon rêve était d’être combattant dans la Brigade Parachutiste ou la Brigade Golani, c’était mon but. Mon frère jumeau et moi avons commencé l’armée ensemble, lui est aujourd’hui combattant au sein du Corps Blindé Mécanisé et moi j’ai été affecté à l’Escadron 190 de l’Armée de l’Air en tant que mécanicien.”

Le lieutenant Zacharie

La détermination plus forte que tout, le lieutenant Zacharie a malgré tout décidé de faire de son service militaire l’expérience la plus significative de sa vie. “Lorsque j’ai rencontré l’officier responsable des affectations avant de recevoir mon poste, je lui ai dit que je voulais faire un service militaire qui ait du sens, je voulais donner de moi ” confie-t-il. Il a ensuite été affecté en tant que mécanicien de Grade A à l’Escadron 190 et a suivi un cours de trois mois et demi avant d’intégrer le poste.

N’ayant aucune connaissance sur l’Armée de l’Air et son jargon, il se rappelle les difficultés qu’il a eu au début, avec la langue notamment : “Les formations de l’Armée de l’Air sont déjà compliquées pour les Israéliens dont l’hébreu est la langue maternelle, mais moi j’avais en plus cette barrière linguistique. Malgré tout, je savais qu’il fallait absolument que je me familiarise avec la langue et que je repousse mes limites si je voulais réussir. Rien qu’en réfléchissant comme ça, cela m’a aidé à avancer”.

Le lieutenant Zacharie a rapidement compris que son poste était d’une importance cruciale pour l’Armée de l’Air. “C’est un poste qui exige beaucoup, on ne reste pas assis devant un ordinateur toute la journée, on est souvent avec les pilotes. C’est nous qui vérifions que l’avion ou l’hélicoptère est prêt au décollage et nous donnons le feu vert. C’est en étant dans ce poste que j’ai compris l’importance de ce que je faisais et j’ai vu le côté opérationnel de l’Armée de l’Air” raconte-t-il. Il se décrit comme une personne qui n’est pas du genre à abandonner et a décidé de gravir les échelons jusqu’à être chef d’armement de l’hélicoptère d’attaque Apache.

 

Hélicoptère d'attaque Apache

Le lieutenant Zacharie a finalement décidé de sortir en cours d’officiers en février 2018 et de faire de son service une expérience plus que significative. “Je voulais influencer des gens, être un officier qui se soucie de ses soldats et qui les fera passer avant son travail. Un officier sans ses soldats ce n’est rien, il a besoin d’eux. Un officier sait comment gérer les choses et manager, mais ceux qui font le vrai travail ce sont les mécaniciens, ce sont mes soldats.”

Il poursuit : “Lorsque j’ai intégré l'École des Officiers, nous avons fait une marche pour recevoir nos insignes et être officiellement des élèves de l’École des Officiers. Ce n’était pas une marche très longue, seulement quelques kilomètres, mais il pleuvait à torrent et nous marchions dans la boue, ce qui l’a rendue difficile. Lorsque nous avons terminé cette marche, nous avons reçu nos insignes. Puis j’ai réalisé que nous étions le 23 février, soit la date à laquelle les médecins avaient découvert que j’étais malade il y a plus de dix ans. C’était pour moi une fierté de voir ce que j’avais accompli.”

Aujourd’hui officier mécanicien au sein de l’Escadron 201, il sait que ce poste représente bien plus que ce qu’on pourrait croire. “Je pensais que ma place était dans une unité combattante. J’ai compris aujourd’hui que sans mécanicien il ne peut y avoir d’avion ou d’hélicoptère et sans notre Armée de l’Air nous ne pouvons pas être une armée puissante.”