Lorsqu’un soldat commet un crime, une enquête est ouverte par le Département des Enquêtes Criminelles de la Police Militaire. Les lois de Tsahal s’appliquent aussi bien aux soldats en service qu’aux réservistes et même si Tsahal inculque aux soldats ce qu’est la discipline, il arrive que ces soldats fassent des erreurs. Entretien avec le commandant Guy qui supervise ce département.

À quoi ressemble la journée d’un enquêteur ?

“C’est un poste 24/7, qui exige des soldats d’être toujours joignable, disponible et en alerte, quelle que soit l’heure de la journée. Des événements peuvent survenir n’importe où et à n’importe quel moment de la journée. Si quelque chose se passe même à l’autre bout du pays, il faut être présent” confie le commandant Guy du Département des Enquêtes Criminelles de la Police Militaire. En tant que commandant de ce département, il évalue les nouveaux soldats et supervise toutes les enquêtes criminelles qui surviennent au sein de Tsahal.

Comment une personne est-elle interrogée ?

Afin de mieux comprendre la personne qu’il interroge, le commandant Guy essaye de se mettre à sa place. “Il faut que je pense à ce que l’autre pourrait faire, comment je pourrais me couvrir, ce que je dois dire et ne pas dire et savoir ce que chaque chose est susceptible de déclencher. [...] C’est dur pour moi de tenir une conversation avec des soldats parce que je pourrais être leur père, mais j’ai acquis suffisamment d’expérience pour pouvoir leur parler entre quatre yeux.” Souvent , ils travaillent en coopération avec la police israélienne, ce qui signifie qu’un jeune enquêteur de 19 ans peut travailler aux côtés d’un officier de police de 30 ans. C’est une opportunité et une occasion pour chacun de pouvoir apprendre de l’autre.

Quelles sont les affaires les plus difficiles ?

“Je pense que les agressions sexuelles et en particulier les viols sont les plus difficiles parce qu’on suit l’affaire du début à la fin. On voit une personne qui a vécu une expérience qui a changé sa vie. Dans le cadre d’un viol, c’est une personne qui a une sorte de cicatrice ou de brûlure qui a totalement changé son caractère. C’est comme un meurtre de l’âme” explique le commandant Guy. Ce genre d’affaires est pris très au sérieux par l’armée israélienne. Est-ce que l’éthique joue un rôle important dans le travail d’un enquêteur ? Lorsque des enquêtes sont menées sur des crimes commis par d'autres soldats, il peut y avoir des tensions, mais le Département des Enquêtes Criminelles de la Police Militaire a pour tâche de rétablir les choses et de déterminer qui est responsable. “On valorise beaucoup l’intégrité. Une part de notre travail est de savoir s’auto-évaluer. Nous faisons partie de l’armée mais nous menons toujours les enquêtes de la manière la plus objective possible”, explique le commandant Guy. Comme dans toute loi, le Département des Enquêtes Criminelles de la Police Militaire estime qu’une personne est innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ne soit prouvée. “Dans chaque enquête je viens toujours avec l’esprit ouvert. Je ne peux pas commencer une enquête en me disant ‘okay, je sais qu’il est coupable’ et ce, jusqu’à avoir eu la preuve absolue et n’avoir aucun doute que la personne est liée à l’affaire.”

Quelle est la sensation ressentie lorsqu’une affaire est classée ?

“Je sais que je peux enfin respirer lorsque je termine une enquête. C’est bon de savoir que j’ai accompli quelque chose et que j’ai fait de nouvelles découvertes” poursuit le commandant Guy. “Le meilleur accomplissement est de faire de l’armée un meilleur endroit pour servir et c’est ça notre but.” Merci aux efforts de la Police Militaire qui permet à Tsahal de s’améliorer chaque jour.

Plus d'articles sur le même sujet :